L'histoire du saint tsaddik, Mekoubal et faiseur de miracles, Rabbi Haïm Pinto "le Petit"

Rabbi ‘Haim zatsal n'avait que douze ans lorsqu’un violent tremblement de terre frappa la ville d'Agadir. Le port, qui était une importante source de revenus pour les habitants, fut détruit. Suite à cette catastrophe naturelle, un nouveau port prospéra dans la ville de Mogador. Comme bon nombre de familles juives, la famille Pinto quitta alors Agadir pour Mogador. 

Le Rav Guedaliah Yaakov, aida activement ces nouveaux migrants. Il plaça le jeune Haïm Pinto zatsal, qui était alors orphelin de père et de mère, chez son parent, Rav Meir Pinto, vice-consul de France à Mogador.

Rabbi Meir Pinto accueillit avec joie le jeune ‘Haïm zatsal, et lui fit intégrer la Yechiva de Rabbi Yaakov Bibas - qui était alors à la tête du Beit Din de Mogador - afin qu'il puisse y étudier la Torah.

L'histoire du saint tsaddik, Mekoubal et faiseur de miracles, Rabbi Haïm Pinto "le Petit"

Une connaissance pointue de la Torah et de la Kabbala

La famille Pinto est à l’origine d’une vaste lignée d’érudits, de Tsaddikim et de faiseurs de miracles qui se succédèrent sans relâche au fil des générations, à l’instar de ce que dit le verset :  « Elles (les paroles de Torah) ne s'écarteront pas de ta bouche, ni de la bouche de tes enfants, ni de celle des enfants de tes enfants, soit à présent, soit dans les temps futurs. » Et nos sages d’expliquer : « Lorsque les enfants et petits enfants d’un Talmid Hakham sont tous des érudits, cela signifie que la Torah ne les quittera jamais. »

Le Tsaddik Gaon Rabbi ‘Haïm Pinto zatsal, petit-fils de Rabbi ‘Haïm Pinto “le Grand” (pour le distinguer de son grand-père qui portait également le prénom ‘Haïm, ses contemporains l’appelèrent Rabbi ‘Haïm Pinto “le Petit") , était donc un maillon de cette glorieuse dynastie. Il était renommée pour sa connaissance en Torah, sa crainte divine et pour sa connaissance approfondie de la kabbala. Il eut d’ailleurs le privilège d’étudier avec Eliahou Hanavi, comme en témoigne l’histoire suivante.

Où est ta ‘Havrouta ?

C'était tôt le matin. La plupart des habitants de la ville dormait encore, tandis qu’un petit nombre de fidèles se rendaient à la synagogue, parés de leur Tefilines et de leur châle de prière. 

Le Rav Yona Ibn ‘Haïm zatsal, faisait partie de ces lève-tôt. Alors qu’il s’apprêtait à entrer dans la Synagogue, il entendit deux personnes étudier la Torah à l’intérieur du bâtiment. Rav Yona reconnut aisément la voix douce de Rav Haïm Pinto “le Petit” zatsal.

Rav Yona resta ainsi quelques instants derrière la porte, afin de ne pas interrompre l’étude de ces deux hommes.

Il attendit donc patiemment que la discussion prenne fin pour entrer dans la Synagogue. Il fut alors surpris de constater que Rav ‘Haïm était seul.

« Où est ton camarade d’étude ? » demanda-t-il à Rabbi ‘Haïm.

« L'as-tu aperçu ? » lui demanda Rabbi Haïm zatsal en guise de réponse.

« Oui ! » s’exclama Rav Yona.

« Heureux sois-tu d’avoir eu le privilège de voir le visage du prophète Elie, lui répondit Rav ‘Haïm, avec un visage lumineux. Car c’est avec Eliahou Hanavi que j’étudiais à l’instant. »

Rabbi Haïm zatsal fit jurer à Rabbi Yona de ne révéler à personne ce qu’il avait vu tant qu'il serait en vie. Rav Yona garda donc ce secret pour lui et ne le révéla qu’après le décès de Rabbi ‘Haïm.

Saint à la Torah

Le Tsaddik et Mekoubal Rabbi Haïm Pinto “le Petit” zatsal, fils du Tsadik Rabbi HaDan zatsal, est né en 1855, à Mogador. Depuis sa plus tendre enfance, il se consacra à l’étude de la Torah et au service divin, qui représentaient ses plus chers désirs. C’était un puits de connaissance, un Gaon doté d’une mémoire extraordinaire, qui connaissait à la perfection les écrits des Richonim et des A’haronim. Rav Haïm zia s’efforçait toujours de tirer des conclusions halakhiques de son étude et de comprendre et clarifier au mieux la loi.

Rabbi Haïm zatsal abandonna toutes les futilités de ce monde pour s’adonner à l’étude de la Torah. Avec une assiduité remarquable, il étudia le Chass et les Poskim et connaissait toutes les strates de la Torah. Le Tsadik consacrait également chaque jour une partie de son temps précieux,à des actes de charité et de bienveillance, comme en témoigne l’histoire suivante.

"Tu es encore jeune"

Rav Yechoua, le chamach de Rabbi ‘Haïm Pinto zatsal, relate la façon dont se déroulait  la journée du Tsaddik : 

« Je me rendais chez lui le matin de bonne heure. Il était alors en train de prier dans le Beit Haknesset situé à l’étage supérieur de sa maison. Après la Tefila, Rabbi ‘Haim zatsal demandait à sa femme ce dont elle avait besoin pour cuisiner ce jour-là. Il lui donnait alors l’argent nécessaire pour faire les courses avant d’entamer sa collecte de Tsedaka pour les pauvres de la ville. »

« Il se rendait ainsi auprès des personnes malades, des pauvres et des nécessiteux et leur apportait des provisions. Partout où il allait, on lui servait de la nourriture, mais il en goûtait peu et me disait : “C’est toi qui mangeras.” »

« Rabbi ! lui demandai-je. Combien suis-je capable de manger ? » Il me répondit : « Tu es encore jeune, tu peux manger. Et s'ils te servent un plat, tu dois le manger afin de ne pas les vexer. »

Le Tsaddik sillonnait ainsi les rues de la vie durant de longues heures, pour apporter son soutien aux plus démunis. Il prit cette habitude dans sa jeunesse et la conserva même lorsqu’il eut atteint un âge avancé.

« La nuit, poursuivit Rav Yechoua, le Tsaddik étudiait la Sainte Torah. » "Qui se tiendra sur la montagne du Seigneur et qui se tiendra dans sa sainte résidence ? Celui dont les mains sont sans tâches et qui a le coeur pur.” (Tehilim 24)

Les importantes actions caritatives que mena bénévolement Rabbi ‘Haïm zatsal contribuèrent à accroître sa notoriété auprès de la communauté juive. Celui qui cherchait le Tsaddik savait qu’il pourrait le trouver auprès des pauvres et des nécessiteux qu’il soutenait, aidait et encourageait afin de leur permettre de servir Hachem dans la joie. 

La puissance de la prière de Rabbi ‘Haïm

On ne peut parler de Rabbi ‘Haïm sans évoquer la façon particulièrement remarquable dont il priait, qui pourrait faire l’objet d’une analyse approfondie.

Rabbi ‘Haïm prononçait chacune de ses prières et de ses bénédictions avec une grande Kavana (concentration), à l’instar d’un joaillier comptant ses perles. Chaque mot faisait vibrer tout son être et imprégnait tout son corps, ainsi que le décrit le verset : « Tous mes os déclarent : “Qui est comme Toi Hachem ?” »

Ce n'est donc pas étonnant que toutes les bénédictions prononcées par Rabbi ‘Haïm zatsal portaient leurs fruits. La prière de ce Tsaddik fendait littéralement les cieux. Il accomplit de nombreux miracles, concrétisant ainsi le verset : « Le juste décrète et D.ieu accomplit. » 

Lorsqu’il priait pour l’ensemble du peuple juif ou pour l’un de ses membres, il invoquait systématiquement les mérites de Rabbi Chimon Bar Yo’haï zatsal. Bon nombre de ses disciples l’entendirent d’ailleurs déclarer lorsqu’il étudiait ou lorsqu’il priait, qu’il était le “petit serviteur” de ce Tana Eloki.

Un jeûne prolongé

Rabbi ‘Haïm zatsal avait pour habitude de jeûner d’un Chabbat à l’autre. Sa semaine de jeûne démarrait dès la sortie de Chabbat et ne s’achevait qu’à l’entrée du Chabbat suivant. Il ne s’autorisait même pas à manger du pain ou à boire de l’eau durant la semaine. 

Chaque vendredi soir, son épouse la Rabbanit, lui préparait une soupe chaude avec des boulettes de viande pour Mélavé Malka, afin de revigorer son corps affaibli et lui donner la force de servir le Maître du monde. 

La soupe n’est pas cacher !

Le Rav Moché Benisti, directeur d’une école à Nice (France), a raconté  le fait suivant à notre maître Rabbi David ‘Hanania Pinto, au nom de sa mère ‘Hanina.

Un jour, la Rabbanit se rendit comme de coutume chez le boucher afin d’y acheter la viande nécessaire à la préparation du repas de vendredi soir. Ce jour-là, et contrairement à son habitude, le boucher lui donna de la viande “cacher” et non pas “glatt”.

Ne se doutant de rien, la Rabbanit prépara comme d'habitude pour Rav ‘Haïm, une soupe à base de viande en l'honneur de Chabbat, afin de redonner des forces à son époux qui avait jeûné toute la semaine. Or cette fois-ci, lorsque la Rabbanit posa le plat de soupe sur la table, Rabbi Haïm zatsal s’exclama : 

« Retire ce plat de soupe ! Il est interdit à la consommation, car il contient des vers… »

Surprise, la Rabbanit regarda attentivement l’assiette du Rav, mais n’y observa aucun ver. Elle songea alors que son époux voulait tout simplement lui faire comprendre sur le ton de la plaisanterie, qu’il ne voulait pas de soupe.

La Rabbanit retourna alors en cuisine et servit à son mari un second plat constitué de boulettes de viande.

Mais cette fois-ci encore Rav ‘Haïm attira son attention sur le fait que des vers pullulaient dans son assiette.

« Je ne peux consommer cette nourriture car elle est interdite. Il est écrit dans la Torah que quiconque consomme un insecte transgresse cinq interdits ! »

 Rabbi Haïm zatsal jeta tout le contenu de la marmite à la poubelle. Malgré la faiblesse dont il souffrait à cause du jeûne, il ne mangea que du pain ce Chabbat là. 

Le lendemain, la Rabbanit se précipita chez le boucher et l'interrogea sur la viande qu'il lui avait vendu : Était-ce la même viande que d’habitude ? D’où venait-elle ? Qui était le Cho’het ?

Le boucher répondit que le Cho’het était un homme craignant Dieu, mais que la viande qu'elle avait achetée cette semaine-là était simplement “cacher” et non pas “glatt”, car l’animal présentait un doute quant à l’intégrité de ses poumons.

La Rabbanit comprit immédiatement qu’Hachem avait préservé son saint mari de consommer de la nourriture présentant une cacherout douteuse. Les Sefaradim ne doivent consommer que de la viande “‘Halak”, conformément à l’opinion de Rav Yossef Caro zatsal. Ce récit édifiant prouve notamment que lorsqu’une personne s’efforce de s’éloigner de choses interdites, Hakadoch Baroukh Hou veille sur lui et le protège de la faute, comme il est dit : « Il veille sur les pas de ces adorateurs. »

Servir Hachem dans la sainteté

Nombreuses furent les personnes qui souhaitaient servir le Tsaddik Rabbi ‘Haïm Pinto zatsal. Une sorte de roulement fut mis en place pour que chacun puisse occuper, pour un temps donné, cette saint fonction. Deux raisons principales motivaient les “candidats”, la première d’entre elles étant que le Tsaddik récompensait systématiquement les personnes qui le servaient, en leur donnant de l’argent ou en leur procurant tout autre avantage. La seconde raison réside dans le fait que le Tsaddik lui-même désirait que les Chamachim changent constamment car il craignait de développer avec eux une certaine familiarité qui pourrait aboutir à une forme de manque de respect. Enfin, l’envergure spirituelle du Tsaddik et sa capacité à accomplir des miracles, contribuaient grandement à attirer vers lui de nombreuses personnes souhaitant bénéficier d’une protection ou d’une bénédiction du saint homme. Les “candidats” attendaient parfois plusieurs jours, voire plusieurs mois, pour avoir la chance de servir le Tsaddik. Quoi qu’il en soit, tous ceux qui servirent le Tsaddik devinrent très riches.